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Georges Corraface : « J'adore crever de peur quand je dis oui à un personnage qui me semble inaccessible »

Georges Corraface : « J'adore crever de peur quand je dis oui à un personnage qui me semble inaccessible »

A l'occasion de la 16e édition du Festival des Créations Télévisuelles de Luchon qui se tenait du 12 au 16 février dernier, NewsTele.com est allé à la rencontre du comédien Georges Corraface.
Plutôt rare à la télévision ces derniers temps, il est de retour ce soir à 20h45 sur France 3 dans un téléfilm inédit, « La Malédiction de Julia », où il donne la réplique à Corinne Touzet.


Durant notre entretien, celui que le grand public a connu notamment par les sagas d'été comme « Le Château des Oliviers », « Tramontane » ou « L'Eté Rouge » nous présente son personnage de flic dans ce brillant thriller diffusé ce soir et nous explique comment il aborde son métier de comédien. Il nous fait également partager son point de vue sur la fiction française, lui qui mène tambour battant une carrière internationale où il enchaîne des rôles très différents, à la télévision comme au  cinéma.

 

Nicolas SVETCHINE (Svet Prod/Newstele) : Présentez nous le téléfilm « La Malédiction de Julia » ainsi que votre personnage...

Georges CORRAFACE : C'est un thriller avant tout, c'est une histoire dont le moteur est la vengeance. Mon personnage arrive dans cette histoire grâce au lien qu'il entretient avec le personnage de Julia (interprété par Corinne Touzet) qui est visée par cette vengeance.

Au début on ne comprend pas très bien que c'est une vengeance. Une série de choses négatives et de catastrophes se succèdent dans la famille proche de Julia, et on se rend compte petit à petit qu'il y a une machination et on ne sait pas du tout qui est le machinateur ou la machinatrice.

Mon personnage est un flic qui est tombé amoureux de Julia pendant le temps où elle est revenue revisiter son père. Le film commence avec quasiment notre séparation. On s'aime mais on doit se séparer. Elle a sa vie en Australie, moi j'ai ma vie dans le nord de la France. On se dit au revoir quand des événements dramatiques vont lui arriver et la retenir ici.

 

N.S : Qu'est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?

G.C : J'avais eu le plaisir de tourner avec Corinne Touzet il y a une quinzaine d'années et ce fut un réel plaisir de la retrouver. C'est du luxe de jouer avec des actrices comme elle et des personnalités de cette générosité. Corinne Touzet à une telle force et une telle vulnérabilité en même temps. C'est formidable de jouer en face de ces yeux-là, de jouer en face de cet esprit qu'elle a.

Et puis j'adore les thrillers. Mon personnage était intéressant parce que justement, au milieu de l'histoire, il commence à avoir des doutes. Des doutes non pas sur une culpabilité, mais il se rend très vite compte qu'il y a toute une partie cachée dont Julia le tient à l'écart. En tant que flic, il doit savoir la vérité et en tant qu'amant, il veut savoir la vérité, il veut l'aider donc c'est un personnage très attachant qui a des enjeux très importants dans l'histoire.

 

N.S : Vous menez tambour battant une carrière internationale... Est-ce ainsi enrichissant pour vous de tourner dans différents pays ?

G.C : Complètement. Je suis un voyageur-né... J'adore découvrir, explorer, observer, changer ma vie quotidienne... Je pense que mon ennemi numéro un c'est la routine et le fait d'avoir envie de toujours aller plus loin, ça crée une espèce d'addiction.

 

N.S : Quel regard portez-vous sur la fiction française à la télévision de nos jours ?

G.C : En France, à la télévision, on est beaucoup dans le polar et dans la comédie en étant très axé sur la famille, sur les liens familiaux.

Moi je souhaite une fiction française qui soit plus débridée, plus inattendue, plus inventive, plus innovante, avec des personnages moins rassurants. J'aimerais sortir plus souvent du ronron. Il y a de temps en temps, effectivement, des occasions de le faire mais pas assez.

 

N.S : Vous avez une filmographie très riche... Vous souvenez-vous d'un film ou d'un personnage qui vous a particulièrement marqué et qui reste une expérience très forte pour vous ?

G.C : Il y en a plus d'un... Il y a vraiment des personnages qui m'ont habité et qui m'ont emmené très loin de moi et j'étais très inquiet. J'adore être crevé de peur quand je dis oui à un personnage qui me semble très très loin et inaccessible...

Incarner des personnages très complexes amène des satisfactions très particulières parce qu'on se rend compte que oui, en travaillant, en se projetant très loin de soi-même, on arrive à faire des choses très intéressantes, on arrive à se surprendre.

 

N.S : Faites-vous une différence entre cinéma et télévision depuis le prisme de votre métier ?

G.C : Il y a plein de différences. Et il y a plein de télévisions différentes et il y a plein de cinémas  différents.

Que ce soit à la télévision ou au cinéma, il y a à la base une différence fondamentale avec d'une part des projets qui sont de manière prépondérante commerciaux et d'autre part d'autres projets qui sont de manière prépondérante créatifs, artistiques. Il y a des bons et mauvais projets dans les deux.
L'idéal pour un acteur, c'est de se balader un peu dans les deux domaines. Aller dans le commercial permet une diffusion beaucoup plus vaste et on touche un public qui peut ensuite vous suivre vers quelque chose de beaucoup plus inattendu, de plus ardu, quelque chose vers quoi il n'irait pas naturellement. On ouvre des horizons à des gens qui sont moins naturellement disposés à aller vers des choses parfois difficiles. Je pense qu'un public qui se retrouve devant un sujet difficile en fiction, que ce soit au niveau du style ou au niveau du thème, après l'avoir visionné, il a effectivement fait un travail. Il est sorti de son petit confort et il acquière une sacrée satisfaction parce que ce travail qu'il a fait, c'est quelque chose qui lui appartient. Beaucoup plus que d'avoir été mis un instant dans un état second de somnambulisme.

 

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Crédit Photo :
Ftv/toussaint

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