MasterChef -Top Chef : La recette du succès aux fourneaux

13 Août 2011 , Rédigé par Benjamin Publié dans #Dossiers

masterchef-bootcamMasterChef remet le couvert pour une saison 2 à la rentrée, Top Chef a ouvert son casting pour une troisième édition début 2012 : TF1 et M6 font du rab de téléréalité culinaire, avec séquences impitoyables pour la première, approche plus pédagogique pour la deuxième.

 

De la cuisine en prime-time, version téléréalité s'il vous plaît : TF1 et M6 n'y sont pas allées avec le dos de la cuillère pour organiser chacune leur concours, l'une avec des amateurs, l'autre avec des professionnels, mais toutes les deux avec 100.000 euros pour le gagnant à la clé. Lors de la dernière fournée, TF1 a fait mouche : 6 millions de téléspectateurs pour la finale de MasterChef contre 4,3 millions pour Top Chef.

 

Initialement proposé par la BBC dans les années 1990, le programme MasterChef, qui reprend jeudi 18, a débarqué en France en 2010, avec son ton très britannique fait de remarques acerbes du jury, comme celles du critique culinaire Sébastien Demorand ("La première chose que vous avez à apprendre, c'est à vous taire" ou "C'est un plat d'une très grande modernité...en 1972"). Des larmes, de l'ironie, une présentatrice plutôt distante qui peine à créer une complicité avec des participants "vrais", et l'idée que "oui, on peut changer de vie" grâce à ce concours. "MasterChef c'est la promesse de la téléréalité, le spectateur peut s'identifier", décrypte Virginie Spies, spécialiste de la téléréalité, maître de conférence à l'université d'Avignon.

 

Côté M6, on la joue très "pro", tout en distillant du savoir-faire au téléspectateur: comment bien pocher un oeuf ou réussir à coup sûr à monter des blancs en neige. Sont mis en avant la formation des candidats, qui sont tous professionnels, et la présentation esthétique des plats. Top Chef 2011 a aussi joué la carte émotion, invitant les proches des candidats par surprise lors des épreuves, ou mettant en avant la personnalité de la chef Ghislaine Arabian, souvent maternelle avec les apprentis cuisiniers au milieu des jalousies, stratégies et autres phrases mesquines des apprentis cuisiniers. "Top Chef est plus dans le qualitatif, plus segmenté, plus ludique, il ne peut pas concerner la ménagère. Ils ne sont que 14 au départ contre 100 sur TF1", explique Virginie Spies, auteure de "Télévisions, presse people, les marchands de bonheur" (Editions De Boeck).

 

Les deux chaînes se refusent évidemment à voir une quelconque ressemblance entre les deux programmes, mais les deux soeurs ennemies finissent par se ressembler. "C'est notre seul point en commun : ce sont deux concours de cuisine, mais on ne joue pas dans la même catégorie de candidat", indique-t-on, laconique, à M6, rappelant en passant que la chaîne avait "dégainé avant". A TF1, on écarte aussi toute idée de ressemblance avec un programme existant. Mais on promet d'être "plus dans la chaleur et les encouragements" avec un "ton moins dur", plus de "trucs et astuces" pour aider le spectateur, et de nouveaux endroits où cuisiner (New York, Pic du Midi, Saint Malo...). Les deux émissions ont, à coup sûr, un point commun: elles font le bonheur des annonceurs, souligne Virginie Spies.

 

"La cuisine est un sujet qui épouse tout le monde, ce sont des programmes familiaux, ménagers, qui attirent beaucoup d'annonceurs: tous les produits qu'ils ont à vendre --entretien, nourriture etc-- trouvent leur cible, c'est l'idéal pour eux".

 

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AFP
Crédit Photo :
TF1/Chevalin

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