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Festival TV de Luchon : La Redevance TV en réflexion

redevance-tv-en-question.jpgLe Festival des Créations Télévisuelles à Luchon qui se tenait du 13 au 17 février dernier fut aussi l'occasion d'engager une reflexion sur le thème « Une redevance TV, pour quoi faire ? » en présence notamment de Mathieu Gallet (Président de l'INA), Serge Regourd (Professeur à l'Université des Sciences Sociales de Toulouse, auteur du livre « Vers la fin de la télévision publique ? »), Bénédicte Lesage (Productrice, Présidente du SPI) et de Jean-Pierre Guerin (Producteur, président de l'USPA).

 

On notera cependant qu'aucun représentant de chaîne n'était présent. Comme souvent en festivals, les diffuseurs sont les grands absents des différents débats car ce sont souvent eux les premiers a être montrés du doigt par les producteurs et scénaristes, reprochant aux chaînes d’être trop frileuses en ne participant pas assez au développement de fictions audacieuses. Plusieurs points ont été abordés lors de cet échange parmi lesquelles les missions du service public et le retour éventuel de la publicité après 20h.

 

Redevance et perception des Français
Selon Médiamétrie (partenaire du Festival), 69% des Français jugent la redevance trop élevée. Le développement ces dernières années des médias de la demande où l'information et la distraction sont accessibles à tous gratuitement pourrait expliquer en partie ce ressenti de la part des Français. S'ils sont 80% à connaître le montant de cet impôt, en revanche, seulement 20% de la population sait à quoi correspond exactement la redevance.
Mathieu Gallet a notamment rappelé que la redevance contribue en autres à financer au 2/3 les activités de l'INA (L'Institut national de l'audiovisuel) en participant ainsi à la conservation des images : « Nous avons une mission de sauvegarde du patrimoine ». Jean-Pierre Guérin, producteur, a estimé qu'il n'y pas assez de communication de la part des politiques pour informer les téléspectateurs sur le but et les missions de la redevance.

Beaucoup de téléspectateurs ignorent en effet que la couverture exceptionnelle de grands événements sportifs ou culturels par France Télévisions ne serait pas réalisable sans l'argent de la redevance TV. Ainsi, Le Tour de France ou encore les Jeux Olympiques font partie de ces événements bénéficiant d'une attention toute particulière de la part de France Télévisions. Le groupe met en place des dispositifs extrêmement coûteux afin de permettre une visibilité maximum. Enfin, il a été rappelé que la redevance participe aussi à financer la radio publique (France Inter, France Info, France Culture, …)

 

Service public : le choix de la qualité face au dilemme de l’audimat
Le rôle et les missions de France Télévisions ont été longuement évoqués durant ce débat. Le service public doit-il obligatoirement faire l'audience ? Oui, répond Jean-Pierre Guérin, « Mais il faut accepter aujourd’hui avec les nouvelles chaînes de la TNT que nous ne puissions plus faire les mêmes audiences d'il y a quelques années. Réaliser aujourd'hui des fictions qui sont regardées à plus de 3 ou 4 millions de téléspectateurs sont des scores très satisfaisants. Et ce que l'on attend surtout du service public, c'est d'être audacieux et de proposer un choix. Il faut se démarquer en proposant des contenus différents ».
Pour Bénédicte Lesage, « Une des principales missions du service public est une mission qualitative en proposant des rendez-vous culturels comme l'opéra et le théâtre mais aussi proposer une diversité de programmes. »
Les producteurs s'accordent ainsi à dire que la télévision publique doit offrir aux téléspectateurs des programmes différents et participer aux débats de notre époque. La fiction le permet en soulevant des questions d'actualité. Les téléspectateurs y étant souvent bien plus réceptifs que lors des débats
en plateau.
Si la qualité et la culture doivent être à l'honneur, les producteurs ont néanmoins tenu à préciser que le service public ne doit pas non plus être élitiste mais doit conserver des fictions et autres programmes « populaires » car nous avons en France le savoir-faire pour proposer des programmes populaires de qualité.

 

Un retour de la publicité après 20h ?
Autre point qui a suscité un grand nombre de réactions durant le débat, l'épineuse question d'un éventuel retour de la publicité après 20h sur le service public. Il y a tout juste quelques jours, Rémy Pflimlin, le patron de France Télévisions, affirmait que «la question de la publicité sur France Télévisions doit être de nouveau abordée »
lors d'une interview aux Échos.

A en croire les différents échanges, beaucoup de professionnels de la télévision semblent favorables à un retour de publicité (« à condition toutefois qu'elle soit encadrée »). Un mal pour un bien selon certains afin d'assurer une certaine pérennité financière et ainsi permettre le développement de programmes de qualité. Avec 40 millions d'euros de déficit et un budget très restreint, la situation de France Télévisions est aujourd'hui très préoccupante.

Thierry Moreau, rédacteur-en-chef de Télé 7 jours qui animait cette conférence-débat, estime que la suppression de la publicité n'a pas permis de réaliser certaines promesses comme le début des programmes de prime-time à 20h35 qui aurait du permettre aux « rendez-vous » de 2e partie de soirée de bénéficier d'une meilleure exposition : « Aujourd'hui, l'on constate qu'aucun programme sur le service public ne démarre à 20h35. Il faut patienter jusqu'à 20h45 ».

 

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Crédit Photo : Newstele/Svet Prod 

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