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Frédéric Michalak : « Je ne veux surtout pas qu’ils m’oublient »

Frederic-Michalak.jpgPour ce nouvel épisode ce mardi 1er novembre à 20h35 sur France 2, c’est Frédéric Michalak qui a accepté d’embarquer, les yeux bandés, vers une nouvelle terre inconnue. En plein vol, Frédéric Lopez lui annonce sa destination finale : l’extrême nord-est du Viêt-nam. Entretien

 

Comment réagissez-vous quand Frédéric Lopez vous annonce que vous allez rencontrer les Lolo noirs ?
Bizarrement, en entendant leur nom, je me suis senti libéré ! Ensuite, j’ai essayé de les visualiser, mais c’était évidemment impossible. Et là, j’ai réalisé que je ne savais toujours pas où j’allais ! En plus, je ne connaissais pas du tout le Viêt-nam. Je ne pouvais rien anticiper. J’ai été surpris du début à la fin de cette aventure.

Quelles sont vos premières sensations lorsque vous découvrez le village des Lolo noirs ?
Ce qui me frappe d’entrée, ce sont les sourires. Leur joie de vivre, leur simplicité. Et puis très vite, je découvre leur mode de vie qui me fascine, leurs maisons, leurs vêtements, leurs habitudes, les paysages qui les entourent. J’avais l’impression d’être dans un film ! Toute cette beauté, ça semblait irréel, féérique. J’ai trouvé ça merveilleux. Le contact s’est établi très vite. Bien sûr, il y avait la barrière de la langue, mais on se comprend aussi très bien par gestes. J’ai très vite joué avec les enfants, qui n’ont pas besoin de mots pour communiquer. Petit à petit, j’ai senti que quelque chose de fort était en train de se nouer avec la famille qui m’accueillait.

On sent chez vous une envie de profiter au maximum de cette expérience...
C’est mon moteur.
Je voulais vivre les choses à fond et surtout ne pas décevoir les gens qui m’accueillaient. Quinze jours, on s’imagine que c’est long. En fait, c’est très court et ça passe à une vitesse folle.

Après l’émerveillement de votre arrivée, vous découvrez la réalité quotidienne des Lolo noirs : du travail, du travail et encore du travail. Ça a été difficile de les suivre dans leurs tâches ?
Oui, très difficile. Je ne m’attendais pas à ce que ce soit aussi dur. Ce sont des efforts physiques en permanence. J’ai eu l’impression de faire une préparation pour une Coupe du monde ! J’ai perdu 7 kilos ! C’était important de tenir le coup pour qu’ils soient fiers de moi. Pour eux, le travail est une valeur fondamentale. Celui qui travaille le plus est toujours le plus respecté. Je n’ai vu personne qui ne travaillait pas, aussi bien chez les plus jeunes que chez les plus âgés. Tout le monde bosse. C’est même un critère de séduction. À un moment, on demande à un des hommes du village s’il trouve sa femme belle. Il répond : « La beauté n’est pas importante pour moi. Elle travaille bien, c’est l’essentiel. » Ça peut être choquant pour nous, mais chez les Lolo noirs ça semble très logique. J’ai été très souvent surpris, mais jamais choqué. Tout est simple, évident.

Qu’est-ce qui vous a le plus impressionné dans leur mode de vie ?
Le partage. Ils font preuve d’une solidarité impressionnante. Toutes les tâches sont partagées. Quand les femmes sont dans les rizières, ce sont les hommes qui s’occupent de la maison et des enfants. C’est quelque chose de très inhabituel pour nous. Là-bas, les familles sont très soudées, les plus âgés restent au contact des plus jeunes. Les anciens sont respectés. Les portes des maisons ne sont jamais fermées. Le soir, les Lolo noirs se retrouvent tous dans une maison et discutent des problèmes du village. Si quelqu’un a un problème dans une rizière, il n’est jamais abandonné : c’est toute la communauté qui vient l’aider. Tout n’est que partage et entraide.

Avez-vous trouvé dans ce sens du groupe des parallèles avec le monde du rugby ?
Oui, dans la dimension physique et la solidarité. Si il y en a un qui flanche, les autres le relèvent. C’est très proche de l’esprit de mon sport. Vous trouvez votre place dans le village en faisant preuve d’une grande humilité. Ce sont les Lolo noirs les stars. Pas moi. Ils m’ont fait découvrir des choses magnifiques. Je voulais leur faire plaisir, leur faire sentir mon intérêt pour leur culture, mon envie de participer à tous les efforts. Le but, c’était de faire de ce voyage un souvenir impérissable. C’est ce qui s’est passé.

Vous évoquez plusieurs fois votre famille au cours du séjour. Les valeurs des Lolo noirs ont-elles fait écho aux vôtres ?
Tout à fait. Ça a fait remonter des choses liées à mon enfance. La grand-mère de la famille qui m’a accueilli m’a particulièrement touché. Je suis très pudique alors je n’en dirai pas plus, mais ça a été très puissant. J’en garde une grande leçon, notamment sur l’éducation et le respect dû aux anciens.

Vous vous êtes si bien intégré que vous recevez une demande en mariage à la fin du séjour !
C’était assez rigolo ! C’est une jeune fille qui participait avec moi au cours d’alphabétisation qui m’a fait sa demande. Les Lolo noirs apprennent le vietnamien pour mieux communiquer avec les autres et améliorer leur quotidien. Pendant ce cours, je suis allé au tableau pour lire quelques phrases. Je crois que c’est à ce moment-là que je lui ai bien plu. Elle a fait sa déclaration le dernier soir, dans une maison avec tout le village réuni. Évidemment, j’étais très gêné mais pour elle c’était naturel que le village entende ce qu’elle avait à me dire ! J’avais l’impression d’être un enfant. En même temps, c’était encore une fois fait avec une grande délicatesse.

Vous dites une phrase très forte avant de les quitter : « Je ne veux surtout pas qu’ils m’oublient »
Parce que moi je ne les oublierai jamais. Ce voyage m’a aidé à relativiser la question de ma blessure. Il y a des choses tellement plus graves et plus importantes. A leur contact, j’ai eu l’impression de remettre les pieds sur terre. Ils m’ont montré que le travail paye toujours. Je pense souvent à eux depuis mon retour. Je suis sûr que je les reverrai un jour. Je me suis fait une promesse  : je retournerai chez les Lolo noirs.

 

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Interview : France2
Crédit Photo : DR

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