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Laurent Delahousse : « Quand le courant passe, c’est magique »

laurent-delahousse 13 heuresDans  Les enfants du nouveau monde, Laurent Delahousse raconte à Serena, une petite fille née à New York le 11 septembre 2001, les destinées de trois enfants et d’un père. Trois garçons, en Afrique, Amérique du Sud et Asie, épaulés par leur père dans leurs cheminements vers un quotidien plus souriant, et un homme en quête de vérité et de paix après la disparition de son fils dans le terrible attentat du World Trade Center. Ces histoires vraies, cueillies aux quatre coins de la planète, filmées avec les codes de la fiction, s’entrecroisent avec poésie pour s’achever sur le même message d’espoir. Parce que, d’un continent à l’autre, le monde n’est peut-être pas si différent... Laurent Delahousse nous en dit plus sur cette collection à voir demain à 20h35 sur France 2. 

 

Pourquoi Les Enfants du nouveau monde ?
En parlant des événements du 11 septembre 2001 qui nous ont profondément marqués, Marc Berdugo et moi nous sommes posés la question de savoir quel regard portait sur le monde un enfant né ce jour-là. Ce monde d’“après” ne symbolise rien pour lui ; il ne peut y percevoir les conséquences des attentats. C’est un monde d’après pour nous ; pour cet enfant, c’est juste son monde. Montrer cette perception était l’un de nos objectifs. Nous avions aussi envie de faire un documentaire qui ait une forme nouvelle, un peu inédite.
Marc et moi avions vu Babel, le film d’Alejandro Inárritu. Cette fiction intense nous a troublés et inspirés parce qu’elle raconte des moments de la vie d’anonymes qui, en différents endroits du globe, sont liés par des petites choses, parfois artificielles. De là, peut naître un récit très puissant. A côté des personnalités exceptionnelles présentées dans Un Jour un destin, avec cette nouvelle série nous partons à la découverte d’anonymes à l’autre bout du monde. Eux aussi vivent des histoires d’une incroyable densité ! 

 

Pourquoi faire le choix des trois réalisateurs ?
Nous avons eu envie, pour la réalisation de ce projet, de trois personnes, pour avoir trois visions complémentaires. Je travaille sur 13h15 le samedi avec Jean-Sébastien Desbordes et Vincent Nguyen, deux réalisateurs pleins de talent pour lesquels j’ai une énorme estime. Nous avons tout de suite pensé à eux. Nous avions aussi besoin d’un regard féminin ; nous avons choisi celui de Manon Loizeau, qui est, pour nous, l’un des plus beaux regards féminin journalistiques en France. Trois façons de voir les choses, mais un résultat vraiment homogène ! C’est toujours compliqué de faire travailler trois réalisateurs ensemble sur un film car ils ont chacun leur force et leur puissance. Quand le courant passe, c’est magique : il y a un souffle, une émotion particulière.


La mise en œuvre…
Marc et moi avons écrit le projet de départ qui est devenu un travail collectif. Manon, Jean-Sébastien et Vincent se sont tout de suite approprié le projet ; des enquêteurs, supervisés par Pascale Mariani, ont travaillé pour nous aider à trouver, à travers le monde, tous nos protagonistes. Ensuite, c’est un peu comme une ficelle que l’on tire : en cherchant sur le terrain, nos réalisateurs ont parfois changé leur fusil d’épaule car une histoire les guidait vers d’autres histoires. Ils en ont finalement sélectionné quatre.


Les Enfants du nouveau monde, une collection…
Nous nous intéresserons toujours, dans cette collection, à des hommes, des femmes et des enfants à l’autre bout du monde. Dans ce premier numéro, la relation père-fils est très forte. Dans le deuxième, il y aura aussi un prisme. Celui-ci est actuellement en cours de réalisation, dans des lieux très différents.


L’écriture…
C’est un film documentaire qui utilise beaucoup de codes de la fiction, tant dans le dispositif de caméras, que dans la mise en image et en musique. C’est un travail de longue haleine car, dans cette forme de documentaire, moderne, il y a une force narrative importante. Nous brouillons ainsi les cartes, les codes classiques, ce qui apporte une dimension poétique à notre documentaire et lui octroie une originalité réelle. Au départ, nous voulions l’appeler Bubbles car les bulles constituent une sorte de fil directeur : tous les enfants, petits et grands, aiment rêver en faisant des bulles... Malgré les frontières, le monde est partout le même, à la fois “si loin et si près”.


La crédibilité…
Même si l’on se laisse emporter par l’histoire, nous sommes avant tout dans un documentaire qui nous raconte des faits et une réalité : ces personnages-là existent. Abel a vraiment vécu cette histoire. Il a traversé le Mexique, il s’est fait arrêter par la police, il a été dans un centre, il a retrouvé sa maman dans les circonstances où on l’a filmé… C’est la vie qu’il a eue. La caméra n’a fait que le suivre.


Le 11 septembre…
Un Japonais, monsieur Shiratori, voulait que son fils aille vivre aux Etats-Unis pour y réaliser son rêve. Un jeune sud-américain, Abel, met sa vie en péril pour rejoindre sa mère avec l’espoir d’une vie meilleure aux Etats-Unis... Le rêve américain existe toujours !


Les messages…
Nous n’imposons pas un angle : chacun pourra trouver sa place et son regard. Nous explorons des rapports humains, notamment au travers des relations père-fils, des relations familiales, des quêtes de l’individu. Nous évoquons des conflits universels, des sentiments parfois primaires, en allant au plus près de ces vies d’anonymes à l’autre bout du monde. Nous les avons fait croisées pour mettre en valeur les éléments communs et montrer que le monde où nous vivons est finalement “petit”. Il y a beaucoup d’humanité et d’ouverture dans ce documentaire qui ressemble beaucoup à Manon, Vincent et Jean-Sébastien. En même temps, les blessures de la vie ne sont pas totalement masquées, il n’est pas naïf. Il dégage une émotion forte et aussi un message d’espoir. C’est pour ça qu’il est essentiel pour nous que toute la famille se mette devant.

 

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Interview : Françoise Payen
Crédit Photo : France 2/Denis

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